Evaluons-nous les compétences de l'élève… ou celles de l'IA ?

Peut-on désormais détecter sérieusement l'utilisation de l'IA dans un travail scolaire ?

Evaluons-nous les compétences de l'élève… ou celles de l'IA ?

Nous avons probablement tous déjà corrigé un travail en nous demandant si nous évaluions encore les compétences de l'élève… ou celles de ChatGPT. Jusqu'ici, les détecteurs d'IA étaient trop peu fiables pour réellement nous aider. Mais les choses évoluent. Pangram affiche aujourd'hui des résultats suffisamment convaincants pour reposer sérieusement la question : peut-on enfin détecter l'utilisation de l'IA dans les travaux scolaires ?

Des détecteurs qui n'inspiraient guère confiance

Depuis l'arrivée de ChatGPT dans les écoles, une question revient régulièrement chez les enseignants : qui a réellement fait ce travail ?

Pendant longtemps, les détecteurs d'IA n'ont pas vraiment permis d'y répondre. Un texte humain pouvait être déclaré comme provenant d'une IA alors qu'un texte généré par ChatGPT passait parfois sans problème après quelques modifications. Difficile, dans ces conditions, d'accuser un élève de tricherie sur la base d'un tel résultat.

Mais ces outils progressent. Et Pangram mérite que l'on s'y intéresse, car des évaluations indépendantes publiées en 2026 montrent des résultats nettement meilleurs que ceux auxquels nous étions habitués.

Que fait Pangram ?

L'idée n'est pas simplement de rechercher quelques expressions que ChatGPT aurait tendance à utiliser.

Pangram a été entraîné à partir d'un grand nombre de textes écrits par des humains et de textes provenant de différents modèles d'IA. Le système apprend ainsi à reconnaître les caractéristiques qui les différencient.

Plus intéressant encore pour l'enseignement, il essaie aussi d'identifier les textes qui se trouvent entre les deux : un texte initialement écrit par une personne mais ensuite largement corrigé, complété ou réécrit par une IA.

C'est important, parce que c'est probablement le cas que nous rencontrerons le plus souvent dans la pratique.

Un résultat n'est toujours pas une preuve

Même si Pangram est beaucoup plus convaincant que les premiers détecteurs, il faut rester prudent.

Un résultat indiquant qu'un texte est probablement généré par une IA ne prouve pas que l'élève a triché. Les faux positifs existent toujours et les résultats peuvent notamment varier avec la langue, la longueur ou le type de texte analysé.

Il faut surtout abandonner l'idée qu'il existe désormais deux catégories parfaitement distinctes : les travaux humains d'un côté et les travaux réalisés par l'IA de l'autre.

Un élève peut avoir écrit son texte et demandé à ChatGPT de corriger les fautes. Un autre peut lui avoir demandé de reformuler quelques paragraphes. Un troisième aura utilisé l'IA pour construire son plan et un quatrième lui aura simplement demandé de faire tout le travail.

Dans les quatre cas, un outil d'intelligence artificielle a été utilisé. Mais peut-on réellement considérer ces q

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