Plus de 500 offices de notaires piratés en France : jusqu’à 40 millions d’euros détournés

Dans ce type d’attaque, la confiance devient elle-même le vecteur de propagation

Plus de 500 offices de notaires piratés en France : jusqu’à 40 millions d’euros détournés

Cette affaire illustre surtout une limite importante de la sensibilisation traditionnelle au phishing : « vérifier l’expéditeur » ne suffit plus lorsque l’expéditeur est réellement celui qu’il prétend être, mais que son système informatique a été compromis.

Plus de 500 offices de notaires piratés en France : jusqu’à 40 millions d’euros détournés

Une vaste campagne de cyberattaques aurait touché plus de 500 offices notariaux français, soit environ 7 % des études du pays.

L’attaque, qui aurait débuté fin 2022 et duré près de deux ans, reposait notamment sur une technique particulièrement efficace : une fois l’ordinateur ou le compte d’un notaire compromis, les pirates l’utilisaient pour envoyer des documents piégés à d’autres notaires. Les messages provenant réellement d’un confrère, ils inspiraient naturellement confiance.

En mars 2024, un document malveillant aurait ainsi été envoyé depuis le système compromis d’un notaire à plus de 10 000 officiers publics. Selon un document de l’ANSSI cité dans l’enquête, environ 80 % des destinataires auraient cliqué.

L’objectif était principalement financier : modification de coordonnées bancaires, détournement de virements et usurpation d’identité. Fin 2024, l’ANSSI estimait le préjudice entre 35 et 40 millions d’euros, tout en considérant ce montant comme probablement sous-évalué.

Plus inquiétant encore, le Conseil supérieur du notariat aurait lui-même été compromis. Le niveau d’accès obtenu était tel que l’ANSSI a envisagé la possibilité de falsifier des actes notariés. Aucun faux acte authentique n’aurait cependant été découvert.

Cette affaire illustre surtout une limite importante de la sensibilisation traditionnelle au phishing : « vérifier l’expéditeur » ne suffit plus lorsque l’expéditeur est réellement celui qu’il prétend être, mais que son système informatique a été compromis.

Dans ce type d’attaque, la confiance devient elle-même le vecteur de propagation