Cyberattaque: le Groupe 3R de radiologie à nouveau piraté

Cyberattaque: le Groupe 3R de radiologie à nouveau piraté

Le cas du Groupe 3R est particulièrement remarquable : après une première cyberattaque avec vol de données en 2025, le réseau d’imagerie médicale romand a été frappé une seconde fois, à peine un an plus tard, alors même qu’un programme de renforcement de sa cybersécurité était en cours. Cette nouvelle attaque, attribuée au groupe de ransomware Akira, montre à quel point la sécurisation d’une infrastructure complexe peut constituer une véritable course contre la montre.

Le Groupe 3R, qui exploite une vingtaine de centres d’imagerie médicale dans plusieurs cantons suisses, a été victime le 30 avril 2026 d’une importante cyberattaque ayant fortement perturbé son infrastructure informatique.

L’attaque est attribuée au groupe de ransomware Akira. Des données administratives de l’entreprise ont été volées et certains documents internes ont ensuite été diffusés sur le darknet. Les données médicales ont également été chiffrées, les rendant temporairement inutilisables. Le Groupe 3R indique toutefois qu’aucune diffusion de données médicales n’a été constatée. Il reconnaît en revanche qu’il pourrait être impossible de déterminer avec certitude si certaines de ces données ont également été exfiltrées.

L’incident a eu des conséquences directement opérationnelles. Les systèmes informatiques nécessaires au fonctionnement des centres ont été perturbés et certains examens ont dû être reportés. Des outils essentiels à l’activité radiologique, notamment les systèmes RIS et PACS ainsi que la téléradiologie, ont été affectés.

Le Groupe 3R a finalement choisi de reconstruire entièrement son infrastructure informatique. Fin juin, ses vingt centres disposaient d’un nouvel environnement technique sécurisé avec l’aide de spécialistes en cybersécurité. Les systèmes RIS, PACS, la téléphonie et la téléradiologie avaient alors été remis en service, même si certains services restaient encore en cours de rétablissement.

L’affaire est d’autant plus significative que le Groupe 3R avait déjà subi une cyberattaque en avril 2025. Cette première attaque avait entraîné le vol de données médicales et administratives, mais sans provoquer une interruption comparable de l'activité. À la suite de cet incident, l'entreprise avait lancé un programme de renforcement de sa cybersécurité et préparait une migration vers une nouvelle architecture.

La seconde attaque n'est cependant pas considérée comme une continuation de la première : selon le Groupe 3R, les auteurs et le mode opératoire sont différents. Le problème tient plutôt au calendrier. La modernisation de l'infrastructure était prévue, mais sa mise en œuvre devait seulement commencer à l'automne 2026. L'attaque est donc intervenue pendant cette période de transition.

Ce cas illustre une difficulté majeure de la cybersécurité : identifier des faiblesses et décider de moderniser une infrastructure ne signifie pas que celle-ci peut être sécurisée immédiatement. Dans le domaine médical en particulier, la migration de volumes considérables de données sensibles et de systèmes indispensables à l'activité doit être réalisée progressivement, sans interrompre la prise en charge des patients. Les cybercriminels, eux, n'attendent pas la fin du programme de modernisation.

Sources