D’un outil spécialisé à une plateforme complète
DaVinci Resolve était autrefois surtout connu des professionnels pour ses outils d’étalonnage et de colorimétrie.
Le logiciel de Blackmagic Design est devenu progressivement une véritable plateforme de postproduction : montage, effets visuels, animation, traitement du son, étalonnage et export sont réunis dans une seule application.
Avec DaVinci Resolve 20, difficile désormais de le considérer comme un simple concurrent alternatif à Adobe Premiere.
Tout faire dans le même logiciel
C’est probablement l’une des grandes forces de Resolve.
Le montage est assuré par les espaces Cut et Edit, la colorimétrie par Color, les effets visuels et le compositing par Fusion et le traitement audio par Fairlight.
Dans l’univers Adobe, ces fonctions sont historiquement réparties entre plusieurs applications, principalement Premiere, After Effects et Audition.
Pour quelqu’un qui débute dans la vidéo, disposer de toute la chaîne de production dans un même environnement constitue un avantage non négligeable.
Et l’IA arrive dans la salle de montage
DaVinci Resolve 20 intègre désormais de nombreuses fonctions basées sur l’intelligence artificielle.
AI IntelliScript peut, par exemple, construire une première timeline à partir d’un script. Multicam SmartSwitch peut sélectionner automatiquement les plans d’un montage multicaméra en fonction de la personne qui parle.
Magic Mask facilite l’identification et le suivi d’une personne ou d’un objet, tandis qu’AI Audio Assistant peut analyser les pistes audio et préparer automatiquement un mixage.
Des tâches qui demandaient autrefois de nombreuses manipulations peuvent ainsi être réalisées ou préparées en quelques instants.
La colorimétrie, un exemple révélateur
La colorimétrie est probablement l’un des meilleurs exemples de cette évolution.
Harmoniser les couleurs de différentes séquences pouvait demander beaucoup de temps, mais surtout une réelle connaissance de l’image : exposition, contraste, température, courbes, espaces colorimétriques ou encore correspondance entre différentes caméras.
Resolve n’a pas supprimé ces outils professionnels. Ils sont toujours présents et permettent à un spécialiste d’intervenir avec une grande précision.
Mais l’automatisation permet désormais d’obtenir beaucoup plus rapidement un résultat satisfaisant sans nécessairement posséder le même niveau de connaissances.
La compétence ne disparaît donc pas. Son rôle change : elle devient notamment indispensable pour savoir si le résultat proposé par la machine est réellement bon.
Adobe n’est évidemment pas resté immobile
Il serait faux de présenter Adobe Premiere comme un logiciel dépassé.
Adobe intègre lui aussi rapidement l’intelligence artificielle dans Premiere : reconnaissance et suivi d’objets, travail à partir des transcriptions, génération de contenus et automatisation progressive de certaines opérations de montage.
Les deux éditeurs semblent finalement prendre la même direction : faire disparaître progressivement une partie de la complexité technique entre l’intention de l’utilisateur et le résultat.
Un modèle économique qui change aussi la comparaison
Il existe cependant une différence importante.
DaVinci Resolve dispose d’une version gratuite déjà extrêmement complète. Blackmagic commercialise ensuite DaVinci Resolve Studio pour accéder aux fonctions les plus avancées.
Adobe Premiere repose pour sa part sur un abonnement.
Pour une école, un jeune en formation, un indépendant ou une petite entreprise, la possibilité de commencer avec un véritable environnement professionnel sans abonnement constitue forcément un argument.
Adobe conserve un formidable écosystème
La comparaison ne doit cependant pas se limiter au prix.
La force d’Adobe reste son écosystème. Photoshop, Illustrator, After Effects, Lightroom, Premiere et les différents services Creative Cloud travaillent ensemble.
Une agence ou une entreprise déjà organisée autour de cet environnement ne remplacera donc pas nécessairement Premiere simplement parce que Resolve est performant ou moins coûteux.
Mais elle dispose désormais d’une véritable alternative.
Et c’est précisément ce qui est intéressant.
Les monopoles logiciels deviennent plus fragiles
Pendant longtemps, apprendre un métier numérique revenait presque automatiquement à apprendre les logiciels qui dominaient ce métier.
Photoshop pour l’image, Illustrator pour le dessin vectoriel, Premiere pour le montage vidéo : le nom du logiciel finissait parfois par se confondre avec la compétence elle-même.
Canva, Figma, DaVinci Resolve et beaucoup d’autres solutions montrent que cette situation évolue rapidement.
Les nouveaux outils n’ont d’ailleurs pas toujours besoin d’être meilleurs dans absolument tous les domaines. Il leur suffit parfois de répondre plus simplement et plus rapidement à 80 % des besoins pour devenir une alternative crédible.